« Au-delà du succès commercial de nos produits, notre ambition est de développer notre réseau de partenaires stratégiques grâce aux projets européens. »

E-peas, la pépite néo-louvaniste qui récolte l’énergie… et les succès européens

Basée à Louvain-la-Neuve, la société e-peas (pour Electronic Portable Energy Autonomous Systems) s’impose comme un fleuron wallon de la microélectronique durable. Lauréate de plusieurs projets européens, elle incarne le visage d’une innovation locale à impact global.

Une entreprise « fabless » à l’ambition mondiale

Créée en 2014 par Geoffrey Gosset et Julien De Vos, deux ingénieurs issus de l’UCLouvain, e-peas s’est fait une place dans le monde très concurrentiel de la microélectronique grâce à une spécialisation unique : la récupération d’énergie ambiante (energy harvesting).

« Nous concevons des composants électroniques qui permettent aux objets connectés de s’alimenter sans piles jetables, en exploitant la lumière, la radio fréquence, la chaleur ou les vibrations », explique Bruno Damien, directeur marketing responsable des partenariats chez e-peas.
L’entreprise ne possède pas d’usine — elle est dite fabless — mais conçoit, développe et commercialise ses propres circuits intégrés, ces « composants semi-conducteurs encapsulés dans de la résine époxy noire » de quelques millimètres-carré qui orchestrent le fonctionnement d’innombrables appareils électroniques, des claviers d’ordinateurs aux capteurs industriels.

Basée au cœur de l’écosystème technologique de Louvain-la-Neuve, la société emploie aujourd’hui une quarantaine de personnes et dispose d’une présence commerciale en Europe, aux États-Unis et en Asie. Elle a récemment obtenu les certifications ISO 9001 et ISO 14001, confirmant son engagement en matière de qualité et de durabilité.

Supprimer les piles jetables : un combat écologique

L’ambition d’e-peas va bien au-delà de la performance technique : « Notre mission, c’est de supprimer les batteries jetables. Chaque année, rien qu’en France, un milliard de piles alcalines et 250 millions de piles lithium sont mises sur le marché », rappelle Bruno Damien.
« La moitié finit en décharge sans tri, avec des conséquences environnementales graves. Nous proposons une alternative propre, fiable et durable. »

Une PME wallonne dans la cour des grands européens

Si e-peas est aujourd’hui citée comme un modèle d’innovation wallon, c’est aussi grâce à son succès croissant dans les programmes européens.
Après avoir participé à plusieurs projets de recherche collaborative, la société a récemment remporté un nouveau financement dans le cadre du projet EFFECTOR, soutenu par la Commission européenne dans le cadre d’Horizon Europe.

« EFFECTOR, ce n’est pas notre premier succès », nous explique Bruno Damien. « Nous avions déjà participé à des projets auparavant. Et avec EFFECTOR, nous continuons d’enrichir notre écosystème : il s’agit d’un consortium mené par le CNRS de Pau, axé sur le photovoltaïque à basse puissance et faible luminosité et ses applications en intérieur, associant des équipementiers internationaux— exactement notre cœur de métier. »

Le projet, démarré en janvier 2025, vise à développer une nouvelle génération de cellules photovoltaïques organiques non toxiques capables d’alimenter des capteurs et dispositifs autonomes en intérieur. «Le CNRS nous a sollicités pour notre expertise en gestion de l’énergie et de l’ultra-basse consommation. Nos circuits intégrés servent à interfacer et réguler la conversion de cette énergie ambiante. »

L’Europe, un accélérateur d’écosystème

Au-delà du financement, e-peas souligne la valeur stratégique des programmes européens pour les PME technologiques :« Lorsque nous participons à un projet européen, nous intégrons une spirale vertueuse, parce que nous sommes intégrés dans les bases de données des projets européens, contactés par d’autres acteurs, et de ce fait nous devenons visibles pour intégrer de nouveaux projets », explique Bruno Damien.

Son conseil aux entreprises wallonnes ? « Il faut d’abord être visible — avec des aspects très basiques comme créer un PIC code, s’enregistrer sur le portail EU Funding & Tenders, et idéalement se faire accompagner par des structures comme le NCP Wallonie. Ensuite, il faut rester sélectif : ne pas répondre à tous les appels d’offre, mais uniquement aux projets alignés sur la stratégie d’entreprise et celle de l’Europe. »

Une success story made in Wallonia

e-peas illustre parfaitement la capacité des PME wallonnes à s’intégrer dans les chaînes de valeur européennes. Son savoir-faire technologique, né dans les laboratoires universitaires, a trouvé sa place dans des consortiums internationaux aux côtés de grands groupes industriels.
« Nous restons une entreprise commerciale », insiste Bruno Damien. « Nos projets doivent déboucher sur des applications concrètes dans les deux ou trois ans. C’est ce réalisme industriel qui fait notre force. »

Et la suite ? « Nous travaillons déjà sur la suite d’EFFECTOR, encore confidentielle. L’idée, c’est de maintenir cette dynamique et de continuer à renforcer notre écosystème européen. La Wallonie regorge de talents, il faut capitaliser sur cette richesse. »

Avec sa technologie de circuits de récupération de l’énergie ambiante, son portefeuille de 17 produits en constante expansion, ses partenariats mondiaux et ses succès dans Horizon Europe, e-peas incarne une nouvelle génération d’entreprises technologiques wallonnes : innovantes, durables et connectées à l’écosystème européen avec un rayonnement international.

« Notre ambition est de poursuivre sur cette lancée, de renforcer notre réseau et de transformer nos succès européens en opportunités industrielles », conclut Bruno Damien.

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