Le NCP Wallonie a participé, le 25 février 2026, à un séminaire stratégique intitulé « Advancing Green Transformation through Science and Innovation » à la Mission du Japon auprès de l’Union européenne à Bruxelles. Organisé dans le contexte de l’association du Japon à Horizon Europe, cet événement a reflété l’ambition claire de Tokyo de renforcer son intégration dans l’écosystème européen de la recherche et de l’innovation. Ce statut de pays associé permet aux entités japonaises de participer dans des conditions comparables à celles des États membres de l’UE.
L’Ambassadeur du Japon auprès de l’Union européenne a ouvert la session, suivi d’une conférence inaugurale du Professeur émérite Kohei Uosaki, figure majeure de la recherche japonaise dans les technologies énergétiques. Sa présentation a offert une vue d’ensemble structurée des efforts nationaux du Japon en matière de neutralité carbone, avec un accent particulier sur les batteries, l’hydrogène et la bio-production. L’objectif affiché par le Japon est de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40 % par rapport aux niveaux de 2013, grâce à une action coordonnée des principaux ministères (METI, MEXT) et des agences de financement telles que JST et NEDO.
Au cœur de cette stratégie, plusieurs programmes phares illustrent l’ampleur de l’engagement public. Le projet GteX (Green Technology of Excellence) bénéficie d’un budget de 50 milliards de yens (environ 300 millions d’euros), issu d’un fonds de transition climatique de 20 000 milliards de yens sur cinq ans. Les plateformes Alca-Next et GteX rassemblent plus de 400 chercheurs principaux et près de 1 000 étudiants, répartis dans plus de 50 institutions pour la recherche sur les batteries, 33 pour l’hydrogène et 30 pour la bio-production. L’approche japonaise met l’accent sur le développement intégré des composants critiques des batteries — cathode, anode et électrolyte — afin de surmonter les verrous technologiques, notamment en matière de sécurité et de performance des batteries à électrolyte solide.
Le séminaire a également souligné la dimension internationale de cette stratégie. Le Japon entretient déjà des collaborations structurées avec l’Allemagne, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Italie, et envisage la création d’une alliance multinationale. L’association à Horizon Europe devrait renforcer ces synergies en facilitant des projets communs allant de la recherche fondamentale à la validation pilote et au déploiement industriel.
Les discussions ont aussi abordé plusieurs enjeux transversaux, notamment le recyclage des batteries et l’économie circulaire (intégrés dans des programmes lancés en 2023), l’interface entre les technologies de stockage et les réseaux électriques, ainsi que la diversité au sein des équipes de recherche. Bien que les étudiantes représentent plus de 30 % des inscriptions en chimie au niveau licence à l’Université d’Hokkaido, cette proportion diminue aux niveaux académiques supérieurs, ce qui met en évidence un défi structurel que les autorités japonaises souhaitent traiter.
Le séminaire a confirmé la cohérence du modèle japonais, fondé sur une coordination étroite entre gouvernement, industrie et universités, soutenue par des ressources financières substantielles. Dans un contexte de compétition technologique accrue, marqué notamment par la quasi-domination de la Chine dans les technologies liées aux batteries, l’association du Japon à Horizon Europe envoie un signal fort : celui d’une alliance stratégique UE-Japon visant à accélérer la transition vers une économie bas carbone.